| ----------- SIMPHORIANUS, pagus nostrus St.-SYMPHORIEN, notre village ---------- - LE PATRIMOINE.
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LE TRESOR DE L'EGLISE. Ancien sanctuaire religieux, l’église, bien que d’apparence modeste, recèle un véritable trésor : la précieuse châsse du XIIème siècle, joyau inestimable de l’art mosan qui a figuré à plusieurs reprises dans des expositions d’art ancien religieux. Il s’agit d’un coffre en chêne, recouvert de cuivre finement ciselé, représentant sur les côtés les douze apôtres, sur le toit, les vertus théologales, au faîte une belle galerie de grosses perles en cristal de roche, les pignons figurant le Sauveur et la Vierge en belle ronde-bosse, le tout enrichi de beaux émaux mosans de grande valeur archéologique. On peut y lire « FORTITUDO ET PRUDENTIA » en caractères latins. La châsse contient des reliques de l’époque des croisades : terre du Mont des Oliviers, relique du temple de Jérusalem et de la cité de Nazareth. Il y a quelques années la chasse fut ouverte et on put ainsi vérifier l’exactitude de ces renseignements. C’est à cette occasion qu’il y a été introduit une relique de Saint-Symphorien, authentifiée par Monseigneur Lebrun, évêque d’Autun où a été consommé le martyre du saint.. La châsse repose dans l’église sur un socle de style roman. C’est l’existence de cette châsse qui donne lieu à la grande procession qui chaque année déroule son cortège sur un parcours de quelques quinze kilomètres Traditionnellement, le pélérinage à Saint-Symphorien et son tour multiséculaire se déroulent le jeudi qui suit la Pentecôte. Cette tradition veut que lors de l'attribution de la paroisse de Saint-Symphorien à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1177, Mgr Allard, évêque de Cambrai, ait apporté la châsse. Pour conjurer le sort et mettre fin au fléau de l'époque, la peste (cf. infra la chapelle SAINT-ANTOINE-EN-BARBEFOSSE), les habitants décidèrent de processionner ladite châsse autour du village pour éradiquer le mal. La peste disparut et le tour se perpétra au cours des siècles. Comparons, en bons montois, avec la procession multiséculaire du Car d'Or. A l'origine de celle-ci, la terrible épidémie de peste de 1349. Pour combattre le fléau, les autorités religieuses décidèrent d'implorer la miséricorde et l'assistance des saints de la cité du Doudou. Le 7 octobre 1349, le clergé et la population de Mons partirent en procession avec les reliques de Sainte Waudru. Le mal cessa et la procession perdura en guise de reconnaissance. [Source : J. DEMULLANDER, Saint-Symphorien, Emeraude du Hainaut.]
Clé de voûte du porche d'entrée de l'église portant un agneau sculpté (XVIème siècle).
Trois religieuses d'Epinlieu contemplant une apparition de la Vierge et de l'Enfant Jésus - Détail - Tableau datant de 1767. Entre profane et sacré, rêveries sur un banc... ________________________________________________________________________________________________ L'ORDRE DE MALTE Le rôle de l'Ordre était de soigner et de défendre les malades et les pèlerins dans les territoires que les croisés avaient conquis aux musulmans. L'Ordre devint ainsi à la fois religieux et militaire. Tous ses Chevaliers étaient des religieux liés par les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. L'Ordre adopta la croix blanche à huit pointes qui est encore aujourd'hui le symbole de St-Jean, et élargît sa mission à la défense de la chrétienté. Vestige de la présence de l'Ordre au sein du village, ce détail de la porte de la sacristie de l'église... ... et ce blason sur la cheminée de la première pièce du restaurant de la Place dit "Le Coq wallon".
La ferme la plus importante du village appartenait à l’Ordre de Malte (appelée jusqu’il y a peu « Ferme Pêcher »). Elle comportait, outre sa ferme agricole, une forge, un four à pain et une brasserie des moines. Ces bâtiments étaient en leur temps visibles entre les numéros 93 et 105 de l’ancienne Chaussée de Binche. Il y a une vingtaine d’années, la grange de la ferme fut pour partie incendiée et le propriétaire en décida la démolition… Hormis quelques dépendances magnifiquement préservées par un particulier, les autres bâtiments sont aujourd’hui modernisés et abritent les ateliers de boulangerie Dhondt tandis que les établissements Acar occupent partiellement l’ancienne forge et la brasserie.
Vue de la grange de la ferme avant sa démolition. A droite, derrière l'ancienne grille, les dépendances préservées (Photo 1975).
Vue arrière du site où était érigée la ferme de l'Ordre de Malte.
Les bâtiments existants sur les anciens plans cadastraux dressés par F. LEROY.
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Sur la place du village, ancienne maison communale (et cure) : immeuble superbement restauré, siège social du Groupe Renmans s.a.
Encore sur la place, au numéro 3, à côté de l'ancienne maison communale (et ancienne cure), remarquons cette très belle maison de type tournaisien...
... datée de 1768 sur la traverse de la porte (cette indication semble toutefois être un ajout).
Toujours sur la place, au n°21, ce splendide blason incorporé à la façade. On aimerait en connaître l'origine. , La Place, par COLAS artiste symphorinois.
Au début de "notre" Chemin Saint-Pierre se trouve l'entrée principale du Château entouré du parc. Il s'agit d'une ancienne demeure du XVIIIème siècle dans laquelle on peut encore observer aujourd'hui une cheminée à chenêts surmontée d'un grand manteau portant les Ecussons du Seigneur de Choisy (cf. supra) et le millésime 1708, date de son accession à la seigneurie de Saint-Symphorien. Face à cette entrée principale du château, à l'angle des rues Prince Albert et Félix Maigret de Priches, une curieuse construction datée de 1833 dont on aimerait en savoir plus.
En progressant dans l'avenue Gustave Maigret de Priches, faisons une halte face au numéro 41. Cet immeuble restauré avec beaucoup de goût n'offre apparemment rien de particulier, hormis ... un obus de la première guerre mondiale "incrusté" dans sa façade au dessus de la porte d'entrée !
Quittons définitivement le centre du village en traversant la chaussée Roi Baudouin, pour emprunter la rue Jules Antheunis vers le hameau du Cerneau.
En passant devant le "Château Rose"... ... peint par l'artiste symphorinois L. Van Den Bulke.
Au départ du hameau de Cerneau, pénétrant dans le bois d'Havré, s'ouvrent deux chemins. Le premier est un chemin privé conduisant à la dernière carrière encore en activité.
Il est également emprunté par des pêcheurs pour se rendre aux étangs poissonneux que sont devenues les carrières désaffectées.
Quelques mètres plus loin, un second chemin amène le promeneur autorisé au pied de la très élégante porte des Sars, magnifiquement restaurée, surmontée d'un spacieux pigeonnier.
Cette porte donnait accès à la vielle ferme des Sars dont ne subsiste plus qu'un vieux corps de logis transformé et aménagé avec beaucoup de goût en plusieurs habitations privées. Les deux bâtiments figurant encore à droite sur l'ancien plan cadastral de F. LEROY ont disparu aujourd'hui. [Source : J. DEMULLANDER, Saint-Symphorien, Emeraude du Hainaut.]
Comparez avec le site tel que repris ici sur un plan de P.C. POPP annoté au début du XXème siècle par les exploitants des carrières.
Le Hameau de Cerneau et la ferme des Sarts (carte IGN 1/10.000 de 1994)
LA CHAPELLE DE SAINT-ANTOINE-EN-BARBEFOSSE. Bien que située quelques centaines de mètres en dehors du périmètre du territoire de Saint-Symphorien, à savoir à la lisière du bois d'Havré derrière la clairière de la Longue-Roië, nous ne pouvons résister à l'envie de vous présenter cette chapelle trop méconnue. Son histoire liée au fléau de la peste nous éclaire sur les épidémies ayant frappé Saint-Symphorien au Moyen-Age. Situé derrière l'Institut provincial de Médecine sociale, il s'agit d'un petit édifice gothique long de 10 mètres et large de 6,45 mètres blotti dans un creux de terrain planté d'arbres construit entre 1389 et 1409. La chapelle fut élevée à l'emplacement d'un petit ermitage dédié à Saint-Antoine, après l'épidémie de "mal des Ardents" de 1382. Au Moyen Age, le mal des Ardents, appelé ainsi parce qu'il donnait l'impression d'avoir le ventre dévoré par le feu, s'appelait aussi "feu Saint-Antoine", lequel saint fut invoqué contre les épidémies. S'il faut en croire un manuscrit de 1598, des chevaliers hennuyers, en route vers Jérusalem en 1352, promirent de se mettre au service des Antonins s'ils échappaient aux Turcs qui les assiégeaient dans l'île de Rhodes. Rentrés sains et saufs, il reçurent l'autorisation du pape de fonder l'Ordre Militaire et Hospitalier de Saint-Antoine, un ordre plus proche de l'esprit chevaleresque que de l'idéal religieux, et qui n'avait rien à voir avec l'Ordre des Antonins. Les chevaliers de Saint-Antoine souhaitaient s'installer à Mons mais personne n'accepta de les accueillir. En 1362, alors que le Connétable de l'Ordre traversait le bois d'Havré, il découvrit une clairière entourée de ronces. Avec l'appui de Gérard d'Havré, les chevaliers construisirent une petite chapelle flanquée d'une chambrette pour y loger un ermite. L'oratoire abritait un crucifix, une statue de la vierge et celle de Saint-Antoine. Un Montois victime du "mal des Ardents" vint y prier et obtint la guérison. Un charpentier de Gottignies connut là une grâce identique. Durant la peste qui s'abattit sur Mons en 1400, une foule accourut à l'oratoire et y laissa de nombreuses offrandes afin de bâtir une chapelle aux dimensions plus importantes. Le seigneur d'Havré, Gérard d'Enghien, surnommé "le Barbe", et dont le pavillon de chasse se trouvait à proximité, donna son accord pour l'édification d'une chapelle nouvelle et on extraya du sol d'Havré les pierres nécessaires à cette construction. En remerciement à Gérard d'Enghien, on appela la chapelle "Saint-Antoine-en-Barbefosse" (fosse car la chapelle se trouve dans un creux). "A PESTE, FAME ET BELLO, LIBERA NOS, SANCTA ANTONI" De la peste, de la faim et de la guerre, délivre-nous Saint-Antoine. Inscription figurant sur une statue du saint dans la chapelle. [Source : Le culte de St-Antoine-en-Barbefosse - L.Staquet - Haynau, revue religieuse, n°4 octobre 1992] Une stèle adossée à la chapelle témoigne d'une épidémie subséquente.
Et d'autres guerres survinrent... Par DOUDI • 2005-05-21 04:43:12 Permalien | 6 commentaires • LE PATRIMOINE. |
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